Préparer son Bilan comptable

Préparer son Bilan comptable

La préparation des états financiers, plus communément appelé Bilan, est une étape obligatoire pour chaque entreprise tous les ans. Et c’est une étape cruciale car la présentation de vos comptes annuels n’est pas sans conséquence ! Que ce soit pour trouver et négocier un financement ou établir de nouvelles relations commerciales (fournisseurs ou clients), vos interlocuteurs vont le décortiquer pour faire leur analyse. Comme vous allez le voir, certains choix lors de son élaboration vont avoir des implications significatives sur sa forme finale et donc l’analyse qui peut en découler.

Bilan et compte de résultat

 

Pour rappel, les états financiers sont composés de différents éléments, les deux principaux sont les suivants.

Le bilan

Le bilan reflète la situation financière de l’entreprise et son patrimoine à un moment précis. Il synthétise ce que l'entreprise possède, appelé l'« actif » (terrains, immeubles, etc.) et ses ressources (ce que l’entreprise doit), appelées le « passif » (capital, réserves, emprunts, etc.). Le bilan reprend tous les éléments de l’entreprise depuis sa création.

Bilan comptable conseil entreprise Toulouse Albi

L’actif est notamment composé d’immobilisations (immatérielles comme un logiciel par exemple, matérielles comme des équipements de production ou un véhicule). Il est également composé de votre stock, vos créances (ce que vos clients vous doivent) et votre trésorerie.

Le passif, lui, est composé des capitaux propres (ressources permanentes revenant aux actionnaires) et des dettes (temporaires et remboursables à des tiers). S’ajoutent à cela les provisions.

Le compte de résultat

Ce document est le fruit de l’exploitation de votre entreprise. A l’inverse du Bilan, il ne concerne qu’un exercice comptable, qu’une seule année.

Compte de résultat conseil entreprise Toulouse Albi

On y compare le niveau des produits avec celui des charges. La différence correspond au résultat de l’entreprise, qui peut être positif ou négatif. S’il est positif, l’entreprise sera imposée à l’impôt sur les sociétés (IS). Ce résultat est d’ailleurs reporté dans les capitaux propres de l’entreprise au sein du bilan.

 

Les choix et leurs implications

a – Charges ou immobilisations

Comme nous l’avons vu précédemment, chaque dépense que vous réalisez entre dans votre compte de résultat. Elles peuvent l’être de deux manières différentes :

  • En charges. Vous faites appel à un avocat pour un montant de 2 000 €.
  • En dotation aux amortissements. Dans ce cas-là, votre achat est immobilisé (on le retrouvera dans l’actif du bilan, en immobilisation) et sera amorti sur plusieurs années. Pour qu’une dépense soit amortie, l’acquisition doit avoir une durée d’usage supérieure à un an et un coût supérieur à 500 €. Par exemple, l’achat d’un véhicule à 20 000 € sera amorti sur 5 ans. Ainsi apparaitra dans le compte résultat de l’année N une dotation aux amortissements de 4000 € pour 12 mois.

Certaines dépenses sont sujettes à discussion. Doit-on les amortir ou non ? Sur quelle durée ? Cela dépend des critères évoqués mais également des règles fiscales et de votre stratégie à court et long terme. Passer des dépenses en amortissement aura pour effet d’augmenter votre résultat, d’augmenter la rentabilité de l’entreprise mais de payer plus d’impôt sur les sociétés. Inversement pour les charges. De plus, cela a un impact sur l’actif du bilan avec l’entrée ou non de nouvelles immobilisations.

b- FAE et FNP

Les factures à établir (FAE) sont des produits qui n’ont pas été facturés à la clôture de l’exercice comptable, alors que la livraison du bien ou du service est réalisée. Par exemple, un chantier de rénovation se déroulant sur le mois  de décembre, et facturé seulement au retour des vacances le 4 janvier. La facture devrait être comptabilisée dans le nouvel exercice au vu de sa date, mais elle correspond à une prestation réalisée dans l’exercice précédent. Ainsi les FAE permettent de l’incorporer.

Le système est exactement le même pour les facture non parvenues, à l’inverse…

L’enregistrement de ce type d’écritures étant réalisé lors de la préparation du bilan, il convient de faire les bons choix à ce moment-là…

c – Stock et variation de stock

On retrouve le montant des stocks, défini lors d’un inventaire, dans l’actif du bilan. Celui-ci peut être déprécié selon sa vétusté ou sa valeur de marché,. Dans le compte de résultat, on retrouve uniquement la variation du stock par rapport à l’exercice précédent : avons-nous stocké ou déstocké ?

Ainsi la valeur définie du stock a un impact aussi bien sur le bilan (le patrimoine de l’entreprise) que sur son résultat comptable. La réalisation d’opérations permettant de diminuer ou d’augmenter son stock peut donc être envisagée dans le cadre de la préparation de son bilan. Attention vous devez avoir une continuité de méthode dans le temps, vous ne pouvez pas dévaluer ou réévaluer selon vos souhaits d’une année sur l’autre.

d- En-cours de production

Au moment de la clôture de l’exercice, tous les produits en cours de fabrication ou de transformation et tous les services en cours d'exécution sont comptabilisés en tant qu'en-cours de production. Reprenons l’exemple du chantier de rénovation, cette fois inachevée au 31/12/N, mais avec de nombreuses dépenses déjà engagées (achats de la marchandise, un nombre d’heures passées important). Il est possible de compenser ces dépenses qui interviendront dans le compte de résultat de l’exercice N par un en-cours de production.

L’enjeu est ici d’évaluer financièrement cet en-cours. Il doit l’être selon son coût de production effectivement supporté à la date de clôture, composé des charges directes et indirectes.

Attention cet en-cours aura un impact l’année suivante car vous constaterez le produit de la facture mais également en charge (ou moins produit) la suppression de cet en cours.

e- Provisions

Les provisions sont également des enregistrements comptables permettant d’anticiper des charges que l’entreprise a de fortes chances d’avoir. Elles se caractérisent par l’incertitude et un montant non connu définitivement (mais estimable). Comme il s’agit d’une estimation vous ne pouvez jamais prendre 100% du risque sinon il serait certain, par contre il est très fréquent de prévoir 90% du coût en provision. Il existe de nombreuses provisions différentes, chacune adaptée à la situation rencontrée, avec des règles propres : provisions pour risques (notamment pour les créances si vous pensez qu’un client ne va pas vous payer), provisions pour impôt, provisions pour renouvellement des immobilisations… Elles rentrent dans le passif du bilan ainsi qu’en charges dans le compte de résultat.

Par exemple, vous pouvez passer une provision pour litige de 5 000 € si un litige avec un client va être porté devant les tribunaux dans les prochains mois, avec des chances d’être condamnée à des indemnités…

Maîtriser les concepts

 

Au regard de ces informations, il apparait nécessaire de connaitre ces enjeux et maîtriser ces notions pour tout chef d’entreprise. Votre expert-comptable est évidement là pour vous conseiller dans ces choix, mais votre position et votre implication quotidienne dans l’exploitation de votre entreprise font de vous la personne la mieux placée pour faire ces choix.

Pour cela, le conseil d’entreprise CODEAF vous propose d’aborder ces sujets lors d’une formation alliant théorie et cas concret (le vôtre) d’une journée !