Rémunération du dirigeant : SAS ou SARL   Statuts

 

Quel est le meilleur statut ? Lequel me sera le plus favorable ? Comment optimiser ma rémunération ?

Le statut juridique d’une société a un impact direct sur son ou ses dirigeants, que cela soit en terme de responsabilité, de protection mais aussi de rémunération. Il est donc primordial de connaitre ses incidences lors de la création de la société mais également lors de changements stratégiques ou de fort développement d’une entreprise existante.

Pour cela, le conseil d’entreprise CODEAF vous propose de vous éclairer sur le sujet de la rémunération du dirigeant.

En tant que dirigeant de SARL (ou EURL) et SAS (ou SASU), il existe deux manières de se rémunérer :

  • Le salaire
  • Les dividendes

Nous allons donc traiter ces deux sujets ensemble, et non pas séparément, puisqu’ils sont étroitement liés. Cela est primordial pour établir une stratégie de rémunération globale cohérente prenant en compte l’entreprise d’un côté et le dirigeant personnellement de l’autre.

Généralités

Avant de rentrer dans le vif du sujet, faisons un rappel des caractéristiques générales de ces deux statuts.

 

SARL / EURL

SAS / SASU

Propriétaire

Associé(s)

Actionnaire(s)

Responsabilité

Limitée aux apports, sauf responsabilité civile et pénale en cas de faute de gestion

Patrimoine

Personne morale ayant son propre patrimoine

Dirigeant

Gérant (un ou plusieurs)

Président + autres organes possibles (directeur général, directeur généraux délégués…)

Pouvoir de désision

Le mandataire social peut agir en toute circonstance au nom de la société dans la limite de l’objet social.

Capital social

Aucun minimum ni maximum prévu par la loi

Titres composant le capital social

Parts sociales

Actions

Statut du dirigeant

Si gérant majoritaire : Travailleur non salarié (TNS) - Régime des indépendants
Assimilé salarié dans les autres cas

Travailleur assimilé salarié - Régime général de la Sécurité sociale

Collecteur

Sécurité sociale pour les indépendants (ex RSI)

URSSAF

Cotisation chômage

Mandataire social donc ne cotise pas au chômage

 

A noter qu’un gérant minoritaire ou égalitaire de SARL est appelé « assimilé salarié », et est affilié au Régime Général de la Sécurité sociale comme le président de SAS.

Salaire

Décision

SARL
On parle de rémunération du gérant. Elle est définie par une décision ultérieure aux statuts prise par les associés. Elle peut fluctuer selon le volume d'activité durant l'année.

SAS
On parle de salaire comme pour un salarié. Le montant du salaire du président et des directeurs sont inscrits dans les statuts ou dans un acte séparé. Il ne peut donc pas varier sans un changement dans les documents officiels (AGO avec PV).

Cotisations

C’est au travers du salaire que le dirigeant cotise pour sa protection et sa retraite. Il est donc assujetti à diverses cotisations.

SARL
Les cotisations sociales du gérant majoritaire d’une SARL sont indexées à sa rémunération et représente environ 45 % de sa rémunération. A noter que le taux de cotisation du TNS (Travailleur Non Salarié) varie selon son montant :

Tranche

Entre 0 et 37 548€

Entre 37 548€ et 112 644€

Plus de 112 644€

Taux de cotisation

46%

28%

20%

 

SAS
Les cotisations au régime général d’un président de SAS sont-elles à hauteur de 84% du revenu net.

Cas concret :

 

SARL

SAS

Rémunération nette dirigeant

     24 000  

     24 000  

Charges dirigeant

     10 800  

45%

     20 160  

84%

Coût total pour l'entreprise

     34 800  

     44 160  


Le cout pour l’entreprise est plus élevé en SAS. Ce coût additionnel est en faveur des droits à la retraite. Concernant la couverture maladie, les deux régimes sont relativement proches (sauf montant des indemnités journalières qui est complété par la prévoyance).

En cas de non rémunération

SARL

Les cotisations minimales à payer sont de 1005€ annuel + 99€ pour la formation professionnelle même si le gérant n’est pas rémunéré.

SARL

Dans ce cas, si pas de rémunération pas de charges.
Toutefois, en l’absence de rémunération, le président n’est pas affilié au régime général de la Sécurité sociale. Si aucun autre revenu en parallèle ne lui garantit pas une protection sociale (poste de salarié, allocations chômage…), il n’a aucune couverture sociale et ne valide aucun trimestre de retraite.

Dividendes 

Les dividendes ne sont pas considérés comme une rémunération, mais comme des revenus de capitaux mobiliers (actions et parts sociales). En matière de taxation des dividendes, les règles entre les deux statuts sont foncièrement différentes.

SAS
Les dividendes ne sont pas assujettis aux cotisations sociales. Depuis le 1er janvier 2018, deux options s’offre au dirigeant :

  • Option 1 : Les prélèvements sociaux à hauteur de 17,2 %, plus une imposition du dividende au barème progressif de l’impôt sur le revenu avec un abattement de 40 %. La CSG faisant partie des prélèvements sociaux est déductible du revenu imposable de l’actionnaire à hauteur de 6,8 %.
  • Option 2 : Prélèvement forfaitaire unique (flat tax) à 30%.          
  • Soit 12,8% d'impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux.

SARL
Les dividendes sont (en partie) assujettis aux cotisations sociales :

  • La part du dividende inférieure à 10 % du total suivant (capital social + apports en compte courant d’associé + primes d’émission) est soumise aux prélèvements sociaux à hauteur de 17,2 %. <>La part du dividende supérieure à 10 % du total suivant (capital social + apports en compte courant d’associé + primes d’émission) est soumise aux cotisations sociales du RSI (45 % environ en dessous du PASS).
  • A cela s’ajoute l’imposition du dividende au barème progressif de l’impôt sur le revenu avec un abattement de 40 % sauf si choix du prélèvement forfaitaire unique. Dans ce cas, le taux forfaitaire de 30% s’applique pour la quote-part inférieure à 10% et seulement les 12.8% d’impôt sur le revenu pour la quote-part supérieure.

Cas concret :

Société avec un capital social + apports en compte courant d’associé + primes d’émission = 10 000€.
Dirigeant ayant un taux marginal de l’impôt sur le revenu à 30%.

 

 

SARL PFU

SAS PFU

Dividendes distribués

         10 000  

         10 000  

Prélèvement sociaux

              -  

                 -    

PFU

            1452    

           3 000  

Cotisations RSI

           4 140  

                 -    

Impôt Revenu

              -  

                 -    

Revenu net

            4 408 

        7 000    

 

 

SARL

SAS

Dividendes distribués

         10 000  

         10 000  

Prélèvement sociaux

              172 

             1720 

PFU

            -    

          -

Cotisations RSI

           4 140  

         - 

Impot Revenu

             1596

  1596              

Revenu net

            4 092 

        6 684    

Le choix passe par la simulation

Il apparait évident que pour faire le bon choix de statut, des simulations doivent être réalisées.

Quel sera le niveau de performance de l’entreprise ? Permettra-t-il de dégager de la trésorerie pour verser des dividendes ? Quel est le niveau de couverture et de cotisation retraite souhaité par le dirigeant ?

De manière générale, nous pouvons dire que si l’entreprise dégage des dividendes de manière régulière malgré le poids des charges qui pèsent sur le salaire du dirigeant, la SAS est à privilégier. A contrario, si l’entreprise dégage peu de bénéfice ou seulement dans un avenir lointain, la SARL sera plus adaptée afin de verser une rémunération plus importante au dirigeant.

Cette simulation ne peut se baser que sur un prévisionnel de l’activité de l’entreprise sur 3 à 5 ans. En effet, nous pouvons considérer la rémunération du dirigeant comme variable puisqu’elle découle directement de la performance de l’entreprise. Ainsi, réfléchir aux solutions d’optimisation de la rémunération au niveau fiscal et juridique est impossible sans un prévisionnel d’exploitation.

En matière de choix des statuts et leur impact économique, il n’y a pas de règle, chaque cas est spécifique. C’est pourquoi le conseil d’entreprise CODEAF permet de répondre aux dirigeants de TPE PME et créateur d’entreprise en établissant une étude globale de la situation avec des outils précis.