L’épargne salariale comme outil de management

 

Qu’est-ce que l’épargne salariale ? Ses conditions ? Comment peut-on l’utiliser pour motiver ses équipes ?

Le conseil d’entreprise CODEAF répond à ces questions en expliquant comment ces outils peuvent être de formidables leviers de performance par le biais de la motivation qu’ils procurent.

Les deux grands dispositifs d’épargne salariale sont l’intéressement et la participation.

La participation

Elle permet de redistribuer aux salariés de l’entreprise une part des bénéfices réalisés lors de l’exercice écoulé. A ce moment-là, les salariés ont deux choix :

  • demander le versement immédiat de la prime,
  • laisser la somme bloquée sur un plan d’épargne salariale d’entreprise (plan d'épargne entreprise PEE, plan d'épargne pour la retraite collectif PERCO…) pendant au moins 5 ans.
  • Ce dispositif est obligatoire pour les entreprise de plus de 50 salariés et facultative pour les autres. Un salarié ne peut pas recevoir un montant supérieur à 75% du plafond annuel de la Sécurité sociale (30 393 euros en 2019) par an.

L’intéressement

C’est une prime versée aux salariés de l’entreprise en fonction de l’atteinte d’objectifs de performance fixés à l’avance. Cela permet donc d’impliquer les salariés dans la performance opérationnelle de l’entreprise. Lors de la distribution de la prime, le salarié a les mêmes options que pour la participation : demander le versement ou la placer dans le plan de l’entreprise.

Ce dispositif est totalement facultatif, l’accord d’intéressement est cumulable avec l’accord de participation mais il ne le remplace pas ! Toutefois, le montant total de la prime d’intéressement ne peut être supérieur à 20% du total des salaires bruts de l’entreprise et dépasser la moitié du plafond annuel de la sécurité́ sociale (20 262 euros en 2019) pour chacun.

Coté salarié

Pour les salariés, les sommes reçues au titre de l’intéressement et de la participation sont exonérées de cotisations salariales, à l’exception de la CSG et CRDS. Elles sont soumises à l’impôt sur le revenu seulement si elles sont perçues immédiatement. Si elles sont investies dans le cadre d’un plan d’épargne salariale (PEE, PEI ou PERCO), elles sont exonérées d’impôt dans la limite de la moitié du plafond de la sécurité sociale soit 20 262 euros en 2019.

Coté entreprise

A noter que ces dispositifs ont un coût pour l’entreprise à hauteur du forfait social en vigueur. Les dernières mesures tendent à encourager les petites entreprises à mettre en place ces dispositifs bien qu’ils ne soient pas obligatoires pour elles :

  • Participation : 0% pour les entreprises de moins de 50 salariés et 20% au-delà,
  • Intéressement : 0% pour les entreprises de moins de 250 salariés et 20% au-delà.

La participation et intéressement impliquent la mise en place d’un plan d’épargne entreprise auprès d’un établissement bancaire. Il sont mis en place par voie d'accord selon l’une des modalités suivantes :

  • convention ou accord collectif,
  • accord avec les représentants des organisations syndicales représentatives dans votre entreprise,
  • accord conclu au sein du CSE ou du CE,
  • à la suite de la ratification, à la majorité des deux tiers du personnel, d'un projet d'accord que vous avez proposé.

Un outil de management

Ces deux dispositifs peuvent être un levier de motivation et d’implication pour les salariés ce qui peut amener un gain de productivité considérable. Cependant, il faut les dissocier car ils n’ont pas la même utilité et mêmes effets.

La participation peut avoir un effet positif sur la satisfaction globale du salarié et donc sur son niveau d’implication. Toutefois, il peut se sentir impuissant et peu concerné, n’ayant aucun moyen de peser sur le bénéfices de l’entreprise de par sa fonction. Dans ce cas-là, la participation ne joue pas un rôle de motivation au quotidien mais plutôt un rôle de bien-être et de reconnaissance. La participation est donc pour la majorité des salariés un outil d’attractivité et de fidélisation des ressources humaines.

Les indicateurs d’intéressements sont des leviers de management pour mener des plans d’amélioration en impliquant les équipes. Il porte lui sur la performance opérationnelle de l’entreprise, plus proche du quotidien des salariés. Un logisticien se verra par exemple davantage concerné par l’objectif d’améliorer le taux de retour de colis dû à une erreur, car ses actions ont un réel impact sur cet indicateur. Sa motivation et son implication en seront largement impactées, ce qui permettra à l’entreprise d’avoir une meilleure performance opérationnelle. Ce qui se traduit généralement par des bénéfices résiduels supérieurs, même après versement de la prime d’intéressement…