La trésorerie : Durer c'est prévoir

Pourquoi suivre et prévoir sa trésorerie ?

 

La trésorerie est le cœur de l’entreprise, elle est vitale. Sans elle, tout s’arrête.

La trésorerie est un indicateur à retardement et ne traduit pas l’activité en temps réel. C’est le plus dangereux des indicateurs, il est donc primordial de le suivre avec intérêt.

De plus, sa reconstruction peut être lente et coûteuse. L’enjeu crucial se trouve donc dans la prévision de celle-ci, dans l’anticipation de ces besoins.

Les causes des problèmes de trésorerie

 

La première cause de difficultés de trésorerie est une mauvaise rentabilité.

Cependant, une entreprise peut être rentable et avoir des difficultés de trésorerie.
Les principales causes de ces problèmes sont alors :

  • Un capital trop faible (la sous capitalisation) qui ne couvre pas le besoin en fonds de roulement, les fortes saisonnalités, les « accidents de parcours ».
  • Les fortes progressions d’activité (CA) impliquant un besoin de trésorerie mal anticipé.
  • Le délai trop important entre décaissement et encaissement.
  • Les impayés.

Les solutions pour une trésorerie d’entreprise adaptée

Le départ

Un capital pour un BFR dimensionné par le prévisionnel

Bien démarrer est primordial, c’est pour cela qu’il est nécessaire de commencer avec un capital convenable : un capital de 1€ n’est pas suffisant pour faire prospérer une entreprise. Si possible faire des apports en compte courant pour financer le démarrage.

Les premières années

Il est important de ne pas s’emballer avec les premiers résultats notamment à cause de l’effet « première année » et le rappel de RSI qui peut suivre. Ces résultats doivent plutôt servir à fournir les réserves de l’entreprise afin de la sécuriser au lieu de distribuer des dividendes.

Une jeune entreprise va avoir pour ambition de se développer, cela passe par la réalisation de divers investissements. La croissance est très consommatrice de cash, il faut donc bien anticiper le futur besoin en trésorerie. Pour pouvoir faire face à ce phénomène, il faut préserver sa trésorerie et éviter l’autofinancement. C'est-à-dire financer seul avec sa propre trésorerie les nouveaux investissements. Tout investissement doit être financé par le banquier : « j’achète donc j’emprunte ».

Le suivi et pilotage de sa trésorerie

 

Un prévisionnel doit être réalisé chaque année pour fixer les objectifs, les différents budgets et dimensionner son besoin en fonds de roulement (BFR).

                Comment faire sa prévision de trésorerie

Il est nécessaire de planifier les échéances connues : salaires, loyers, charges, impôts… La mensualisation des échéances ne baisse pas le coût mais étale les paiements et permet d’éviter les « trous » de trésorerie.

Connaître son niveau de charges fixes mensuelles est indispensable. Cela permet de déterminer le point mort, et donc le niveau de chiffre d’affaires ou de marge objectif à atteindre de manière mensuelle ou annuelle.

Afin de dimensionner son BFR efficacement :

  • Il doit être calculé de manière mensuelle en considérant le mois le plus élevé pour éviter les problèmes de saisonnalité.
  • Il doit inclure un « accident de parcours » pour au moins un mois.

Faire face à une croissance ou décroissance

Le pilotage de sa trésorerie comprend également l’anticipation des hausses ou baisses d’activités :

  • La crise de croissance : comme évoqué précédemment, l’augmentation des ventes provoque l’augmentation des besoins de cash. C’est tout le paradoxe de faire des économies en période de croissance. Et le risque est de se « lâcher » sur les dépenses parce que le carnet de commande est au rendez-vous.
  • Pouvoir supporter une baisse d’activité : cela revient à maitriser son niveau de charges fixes. L’important est de garder un fond de roulement suffisant pour couvrir celles-ci.

Par conséquent, le BFR doit être recalculé régulièrement, surtout en cas de progression ou de changement de marché.

En conclusion le pilotage de la trésorerie c’est :

Le suivi de la trésorerie, ce n’est pas de regarder son compte en banque tous les jours mais c’est savoir :

  • ce que les clients ont payé.
  • ce que vous avez payé.

La prévision de trésorerie doit nous permettre de savoir :

  • ce qui doit être encaissé et quand.
  • ce qu’il vous reste à payer et quand.

… ainsi que de prévoir au mieux son chiffre d’affaires et ses achats.

Il est primordial d’en avoir une vision globale, multi comptes le cas échéant, et qui porte sur du moyen/long terme.

Comment améliorer sa trésorerie

 

Comme nous l’avons vu précédemment, la trésorerie est basée sur l’anticipation. Le fonds de roulement doit donc être constitué avant le besoin. Cependant, il est possible d’améliorer la situation de sa trésorerie en jouant sur différents éléments.

                Délai entre décaissement et encaissement

Le décalage de trésorerie qui survient entre le paiement du fournisseur et le règlement du client est un réel problème pour de nombreux modèles économiques. La règle à suivre est la suivante : faire correspondre au plus tôt, voire avant, vos ventes encaissées et vos dépenses. Pour cela :

  • Acomptes clients au montant des dépenses fournisseurs.
  • Acomptes à la livraison.
  • Factures d’avancement si les prestations durent.
  • Délais de règlement client au plus court.
  • Délais de règlement fournisseur au plus long.
  • Stocks ajustés et maîtrisés.

Vous n’êtes pas le banquier de vos clients ni de vos fournisseurs !

Impayés

Prévenir d’abord pour limiter les risques, à savoir :

  • Pour les particuliers, faire régler au fil de l’eau. Encaisser dès la fin de la prestation ou au plus tard dans le mois.
  • Pour les professionnels, s’assurer de leur solvabilité en procédant à une analyse de leur situation financière. Adapter les conditions de règlements selon le client. Sécurisez les encours en souscrivant à une assurance crédit.

Récupérer l’argent « dehors » est une mission du quotidien. Cela passe par le suivi des règlements et une relance régulière pour les retards. Il est nécessaire de demander des acomptes comme évoquez en dessus mais surtout les encaisser immédiatement. Les chèques doivent également être déposés rapidement et les factures envoyés le plus tôt possible. Pour certains métiers, finir les finitions ou suivre les non livrés qui bloquent le paiement final.

Maîtriser les stocks      

La gestion du stock peut avoir un impact conséquent sur le niveau de trésorerie d’une entreprise. C’est pour quoi il apparait primordial de le maitriser au mieux.

Pour cela, il faut être rigoureux dans ses commandes afin d’éviter des invendus et ne pas hésiter à les liquider via des promotions avant qu’ils ne deviennent des invendables. Ne pas se laisser éblouir par des remises sur des quantités importantes qui engendreront des stocks supplémentaires, négocier plutôt des délais. Planifier le travail en fonction des commandes pour diminuer les temps d’exécution et de paiement. L’acompte est également un élément qui peut impacter le stock car il réduit le risque d’annulation de la part du client.

La relation avec ses partenaires financiers

 

Entretenir une bonne relation avec son banquier permet d’instaurer un climat de confiance. Il faut être le plus transparent possible (envoyer le bilan, inviter votre partenaire aux évènements…) et ne pas hésiter à lui faire part de vos problèmes. En effet, anticiper les problèmes passagers et lui en faire part lui permettra de trouver plus facilement une solution sur du long terme que dans l’urgence. Toujours dans cette démarche de transparence et d’anticipation, demander un découvert autorisé même si vous n’en avez pas besoin à l’heure actuelle.

Point crucial, avoir plusieurs banques : ne pas mettre tous les œufs dans le même panier afin de diluer le risque et de s’offrir un champ d’opportunités plus large.

Comment reconstruire sa trésorerie

 

Une entreprise peut parfois se retrouver dans la nécessité de reconstruire son fonds de roulement après un accident de parcours ou divers évènements ayant pu la fragiliser.

Cette reconstruction peut se faire de manière naturelle avec l’apport du résultat. Cela a pour avantage d’être gratuit pour l’entreprise mais c’est un processus qui demande du temps. Or les entreprises peuvent parfois être en situation d’urgence.

Un outil couramment utilisé est l’affacturage. Le principe est de vendre à un organisme spécialisé ses créances clients, ce qui permet à l’entreprise de récupérer immédiatement le montant dû. A utiliser seulement si le taux de commission est très inférieur à la marge réalisée.

Il est possible de contracter un prêt de restructuration de trésorerie cautionné partiellement par la BPI ou par un prêt ADIE.

Comme évoqué précédemment, le refinancement d’investissements passés, aussi appelé Lease back, permet un apport de trésorerie à court terme. Ce procédé consiste à revendre un investissement consenti dans le passé à un organisme qui le laisse à disposition de l’entreprise sous forme de location.

Le financement participatif (crowdfunding) peut également être une source de flux positif de trésorerie dans le cas d’un projet de développement.


Quelques autres outils :

 

  • L’escompte
  • Le financement Dailly
  • L’apport en compte courant
  • Le crédit fournisseur
  • Le crédit revolving
  • La location financière
  • Le découvert
  • Le crédit contre nantissement
  • Le billet de trésorerie

En conclusion

La trésorerie est un enjeu vital de l’entreprise qui nécessite une véritable gestion au quotidien. Cette gestion se base sur un suivi assidu et un maximum d’anticipation grâce aux prévisions. Pour faciliter cette tâche, des outils de gestion et de prévision de la trésorerie existent. Ces outils de trésorerie sont parfaitement adaptés aux besoins des entreprises permettant de faire des économies et des gains de temps.